{"id":7,"date":"2023-08-27T19:38:54","date_gmt":"2023-08-27T17:38:54","guid":{"rendered":"https:\/\/natachadavril.com\/?page_id=7"},"modified":"2023-09-03T23:17:49","modified_gmt":"2023-09-03T21:17:49","slug":"artiste","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/natachadavril.com\/index.php\/artiste\/","title":{"rendered":"Natacha Davril"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-6.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-214\" style=\"width:330px;height:264px\" width=\"330\" height=\"264\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Peintre autodidacte.<br>Bien que fran\u00e7aise, elle passe ses vingt premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Bruxelles.<br>Apr\u00e8s le bac, s&rsquo;initie \u00e0 la photographie pour entrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de La Cambre (Bruxelles) en section photo.<br>Finalement, elle s&rsquo;inscrit \u00e0 l&rsquo;Institut National Sup\u00e9rieur des Arts du Spectacle \u00e0 Bruxelles (INSAS), section cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<p>Victime d&rsquo;un grave accident de la route, elle part vivre dans les C\u00e9vennes.<br>La r\u00e9silience se fera en se consacrant \u00e0 sa premi\u00e8re passion : la peinture.<br>Parall\u00e8lement, elle pratique la danse moderne\/Jazz.<br>Elle vit et travaille actuellement pr\u00e8s d&rsquo;Uz\u00e8s dans le Gard.<\/p>\n\n\n\n<p>La peinture de Natacha Davril est \u00e9videmment marqu\u00e9e par le cin\u00e9ma et la danse.<br>Du cin\u00e9ma viennent tr\u00e8s certainement son sens de la mise en sc\u00e8ne, du rythme, et l&rsquo;attachement \u00e0 des personnages porteurs du vouloir et de l&rsquo;inconscient de l&rsquo;artiste. De la pratique du montage, le go\u00fbt de l&rsquo;arr\u00eat sur image.<br>Le d\u00e9sir de faire na\u00eetre l&rsquo;\u00e9motion par les mouvements du corps, tension, torsion, envol, d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e0 la limite de la chute, la rapproche des danseurs.<br>Comme eux, elle veut faire rendre l&rsquo;\u00e2me aux corps, lieu de toutes les exp\u00e9riences, bonheurs et d\u00e9sastres compris.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;obsession du peintre est toujours la m\u00eame : arracher l&rsquo;individu \u00e0 la contingence, exalter son unicit\u00e9. Ce qui correspond bien \u00e0 son regard sur le monde, la vie.<br>Cette peinture se b\u00e2tit sur les ruptures et les oppositions, tant par le trait que par l&rsquo;utilisation de la couleur.<br>L&rsquo;architecture rigoureuse des lignes s&rsquo;oppose \u00e0 la rondeur des corps, \u00e0 l&rsquo;enchantement des formes et nous sugg\u00e8re un conflit entre le monde tel qu&rsquo;il est et un monde r\u00eav\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, cette oeuvre tonique et pleine d&rsquo;humour, semble plut\u00f4t solaire, exub\u00e9rante, \u00e9d\u00e9nique&#8230;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les expositions<\/h2>\n\n\n\n<p>2006 : NICE de janvier \u00e0 juin : Galerie l&rsquo;Art et la Mati\u00e8re<br>2005 : VILLENEUVE D&rsquo;ASCQ du 8 septembre au 4 octobre : Da Silva Internationale Galerie<br>2005 : AVIGNON du 2 avril au 30 juin : Galerie Artmondial<br>2004 : PARIS : WHO&rsquo;S WHO in International Art \u00ab\u00a0Eloge du petit format\u00a0\u00bb<br>2000 : UZES Ancien Ev\u00each\u00e9 (exposition personnelle, R\u00e9trospective 1984-2000)<br>1999 : N\u00ceMES Galerie des Ar\u00e8nes \u00ab\u00a0Corps \u00e0 corps\u00a0\u00bb<br>1998 : N\u00ceMES Galerie des Ar\u00e8nes \u00ab\u00a0Petits formats\u00a0\u00bb<br>1997 : N\u00ceMES Galerie des Ar\u00e8nes \u00ab\u00a0Artistes vos papiers\u00a0\u00bb<br>1996 : N\u00ceMES Galerie des Ar\u00e8nes \u00ab\u00a0Autoportraits\u00a0\u00bb<br>1993 : PARIS Le Grand Palais \u00ab\u00a0Contemporaines\u00a0\u00bb<br>1992 : PARIS Le Grand Palais Biennale des Femmes 1992<br>1986 : UNTERSCHLEISSHEIM (Allemagne) B\u00fcrgerhaus<br>1986 : LE CRES La Maison des Arts (exposition personnelle)<br>1985 : VALENCIA (Espagne ) INTERARTE 85 (2\u00e8me Salon International d&rsquo;Art de la M\u00e9diterran\u00e9e)<br>1985 : MONTPELLIER Galerie Saint-Ravy (exposition personnelle)<br>1985 : PORT-LLIGAT (Espagne) Galerie Port-Lligat<br>1984 : ISLE \/ SORGUE Galerie Djellal (exposition personnelle)<br>1984 : ORANGE Galerie d&rsquo;Art Moderne (exposition personnelle)<br>1983 : CAVAILLON Galerie \u00ab\u00a0La page de garde\u00a0\u00bb (exposition personnelle)<br>1981 : ORANGE Galerie d&rsquo;Art Moderne (exposition personnelle)<br>1979 : TARASCON Centre Culturel<br>1978 : N\u00ceMES Galerie J. Salle (exposition personnelle)<br>1977 : UZES H\u00f4tel de Ville (exposition personnelle)<br>1976 : N\u00ceMES Galerie Notre Temps (exposition personnelle)<br>1975 : MONTPELLIER Galerie Saint-Ravy<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Presse \/ Critiques<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un coup de gueule \u00e0 la vie, par Alain Coudert, critique d&rsquo;art \u00e0 <em>Arts Actualit\u00e9s Magazine<\/em><\/h3>\n\n\n\n<p>On a dit de Natacha Davril qu&rsquo;elle \u00e9tait une sophistiqu\u00e9e atypique&#8230; C&rsquo;est assez bien vu pour la personne, cela vaut pour l&rsquo;oeuvre. H\u00e9sitante et farouche, elle s&rsquo;affirme avec la force des timides. Ne comptez pas sur elle pour fr\u00e9quenter les salons et y promouvoir son travail. R\u00e9fugi\u00e9e dans son atelier du Gard depuis de longues ann\u00e9es, elle y peint, danse et, loin de tout battage m\u00e9diatique auquel son talent lui permet de pr\u00e9tendre, laisse libre cours \u00e0 ses dons naturels&#8230;En se penchant sur son berceau, Terpsichore comprend les limites de ses pouvoirs. Pour compl\u00e9ter l&rsquo;\u00e9ducation de la petite fille, elle fait appel aux mannes de Zeuxis : les images seront primordiales dans la vie de Natacha Davril.<\/p>\n\n\n\n<p>La peinture de Natacha Davril c\u00e9l\u00e8bre le corps dans sa trag\u00e9die connue et accomplie, ce qui lui vaut d&rsquo;\u00eatre, paradoxalement, un formidable coup de gueule \u00e0 la vie. Toujours sur le fil, elle est un prolongement de son au-del\u00e0 du corps. Il ne s&rsquo;agit pas pour l&rsquo;artiste d&rsquo;\u00e9taler ses \u00e9motions en direct sur la toile, mais de laisser percevoir derri\u00e8re la tension qui habite chacun de ses tableaux, la finitude de l&rsquo;\u00eatre telle qu&rsquo;elle est inscrite dans son corps. \u00a0\u00bb La solitude des personnages que je peins marque la valeur que j&rsquo;accorde \u00e0 l&rsquo;individu, explique-t-elle. C&rsquo;est pourquoi il n&rsquo;y a jamais de foule dans mes tableaux, parfois deux personnages, souvent un seul, mis en valeur, exalt\u00e9, par une architecture en pyramide. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Cette peinture, savante par ses r\u00e9f\u00e9rences picturales, livresques et cin\u00e9matographiques, sait faire preuve d&rsquo;humour et cultiver son petit c\u00f4t\u00e9 surr\u00e9aliste. Natacha Davril use de la litote picturale ou fait mine de nous montrer quelque chose alors que ce qui est \u00e0 voir est ailleurs (\u00a0\u00bb 14 juillet \u00e0 Rochefort sans les Demoiselles \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb L&#8217;emm\u00eal\u00e9e \u00a0\u00bb , sans oublier l&rsquo;\u00e9nigmatique \u00a0\u00bb La mia Mona Lisa\u00a0\u00bb&#8230; )&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les cassures apparentes de son cheminement artistique sont celles d&rsquo;une artiste en perp\u00e9tuel questionnement. Sa technique, son approche, ses supports m\u00eame, sont comme elle : \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de son monde et \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute du monde qu&rsquo;elle prend parfois en pleine figure. Son installation \u00ab\u00a0Cendres d&rsquo;art \u00a0\u00bb en est le t\u00e9moignage direct. Cette oeuvre sur laquelle plane une colombe de la paix, se pr\u00e9sente sous la forme d&rsquo;un cube gris duquel \u00e9merge un coeur rouge. Elle se compose d&rsquo;un sarcophage de 152 cubes vides de couleur grise \u00e9voquant la cendre, enserrant un coeur de 64 cubes rouges feu, scell\u00e9s et inviolables qui contiennent les cendres de 64 toiles de la collection personnelle du peintre, sacrifi\u00e9es pour l&rsquo;occasion. \u00a0\u00bb Cendres d&rsquo;art \u00a0\u00bb est une pulsion de sympathie face \u00e0 la trag\u00e9die du 11 septembre 2001.<\/p>\n\n\n\n<p>Natacha Davril fait partie de ces artistes qui, en marge de tout circuit d&rsquo;art contemporain, r\u00e9alisent, sans concession aucune, un formidable travail d&rsquo;investigation picturale. Cette peinture qui raconte \u00e0 la fois la trag\u00e9die de l&rsquo;homme et le bonheur de la vie ne devrait pas rester longtemps ignor\u00e9e du grand public.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La peinture volubile de la forme et du mouvement<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"156\" src=\"https:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-25.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-268\" srcset=\"https:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-25.jpeg 600w, https:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-25-300x78.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:44% auto\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"368\" src=\"https:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-24.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-267 size-full\" srcset=\"https:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-24.jpeg 500w, https:\/\/natachadavril.com\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/image-24-300x221.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p>Une r\u00e9trospective survolant les ann\u00e9es quatre-vingt jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;an 2000<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Pourquoi y a-t-il eu une cassure dans le travail de Natacha Davril en 1984 ? Poser la question n&rsquo;est pas un gage d&rsquo;obtenir une r\u00e9ponse car cette artiste qui avait montr\u00e9 une production totalement diff\u00e9rente en 1976 \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de ville d&rsquo;Uz\u00e8s avoue un travail automatique o\u00f9 tout s&rsquo;impose \u00e0 elle sans sch\u00e9ma pr\u00e9con\u00e7u. Ce qui ne signifie pas que sa production actuelle soit h\u00e9t\u00e9roclite : elle est au contraire marqu\u00e9e du sceau du peintre pouvant se passer de signer.<\/p>\n\n\n\n<p>A Uz\u00e8s, \u00e0 l&rsquo;aube du XXIe si\u00e8cle, o\u00f9 son oeuvre s&rsquo;installera pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, elle a choisi d&rsquo;offrir aux Uz\u00e9geois et aux Gardois, \u00e0 ses amis et admirateurs, un panorama de sa cr\u00e9ation , \u00a0\u00bb&nbsp;<em>une mini r\u00e9trospective allant de 1984 \u00e0 2000<\/em>&nbsp;\u00ab\u00a0. Pour cela, elle a accroch\u00e9 aux cimaises des remarquables salles du premier \u00e9tage de l&rsquo;ancien \u00e9v\u00each\u00e9 soixante-cinq oeuvres. D&rsquo;imposantes huiles sur toile, regroup\u00e9es par th\u00e8me, aux titres \u00e9vocateurs :&nbsp;<em>Dans ce monde o\u00f9 ils pi\u00e9tinent les colombes. Les ailes du d\u00e9sir, Le printemps d&rsquo;avril<\/em>, de pr\u00e9cieux pastels et huile sur carton,&nbsp;<em>Le danseur, La Mara d&rsquo;Aram<\/em>&nbsp;des acryliques dont un remarquable&nbsp;<em>Hiroshima<\/em>. Les plus anciennes datent en fait de 1984,&nbsp;<em>Miroirs 2<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>Dancing in the sun<\/em>, les plus r\u00e9centes de maintenant,&nbsp;<em>Tira mi s\u00f9 per favor&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Or tout est harmonie bien que lapalette utilis\u00e9e de mani\u00e8re s\u00e9lective soit plus large qu&rsquo;une premi\u00e8re approche ne laissait entrevoir.Au-del\u00e0 d&rsquo;aplats de noir, de bleus profonds et de rouges tr\u00e8s travaill\u00e9s, la couleur \u00e9clabousse une oeuvre qui ne se rattache \u00e0 aucune \u00e9cole. La forme n\u00e9e dans les entrailles de l&rsquo;artiste passe par le corps nu de l&rsquo;homme ou de la femme pour se lancer dans un \u00ab\u00a0volubilisme\u00a0\u00bb <sup>(1)<\/sup> dansant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n&rsquo; est pas de la nudit\u00e9, ce n&rsquo;est pas sensuel, c&rsquo;est inspir\u00e9 parfois de la statuaire grecque ou de la Renaissance italienne, c&rsquo;est avant tout l&rsquo;expression de Natacha Davril, int\u00e9rioris\u00e9e mais pas intellectualis\u00e9e, mouvement arr\u00eat\u00e9 dans sa tendresse, sa violence, sa s\u00e9duction. \u00a0\u00bb&nbsp;<em>L&rsquo;architecture rigoureuse des lignes s&rsquo;oppose \u00e0 la rondeur des corps, \u00e0 l&rsquo;enchantement des formes<\/em>&nbsp;\u00a0\u00bb , dit Natacha Davril, qui ajoute : \u00a0\u00bb&nbsp;<em>L&rsquo;\u00e9nergie g\u00e9n\u00e9reuse du trait rend palpables la tension des \u00eatres, leur c\u00f4t\u00e9 tragique quelquefois.<\/em>&nbsp;\u00a0\u00bb Nul mieux qu&rsquo;elle-m\u00eame ne peut d\u00e9finir une cr\u00e9ation, tr\u00e8s certainement la plus int\u00e9ressante en ces lieux depuis leur ouverture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Par Jacques Roux.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>(1)<\/sup><em>Volubilis : qui tourne, qui roule.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Critique de Catherine Varadi<\/h3>\n\n\n\n<p>A y regarder de plus pr\u00e8s, la peinture de Natacha Davril est fortement marqu\u00e9e par ses autres passions : le cin\u00e9ma et la danse.<\/p>\n\n\n\n<p>Du cin\u00e9ma elle tire son sens de la mise en sc\u00e8ne, du rythme et l&rsquo;attachement \u00e0 des personnages porteurs du vouloir et de l&rsquo;inconscient de l&rsquo;artiste. Du montage plus sp\u00e9cifiquement, le go\u00fbt de l&rsquo;arr\u00eat sur image.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9sir de faire na\u00eetre l&rsquo;\u00e9motion par les mouvements du corps, tension, torsion, envol, d\u00e9s\u00e9quilibre \u00e0 la limite de la chute, la rapproche des danseurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme eux elle veut faire rendre l&rsquo;\u00e2me aux corps, lieu de toutes les exp\u00e9riences, bonheurs et d\u00e9sastres compris.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;obsession du peintre est toujours la m\u00eame : arracher l&rsquo;individu \u00e0 la contingence, exalter son unicit\u00e9, ce qui correspond bien \u00e0 son regard sur le monde, la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette peinture se b\u00e2tit sur les ruptures et les oppositions tant par le trait que par l&rsquo;utilisation de la couleur.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;architecture rigoureuse des lignes s&rsquo;oppose \u00e0 la rondeur des corps, \u00e0 l&rsquo;enchantement des formes et nous sugg\u00e8re un conflit entre le monde tel qu&rsquo;il est et un monde r\u00eav\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, cette oeuvre tonique et pleine d&rsquo;humour me semble plut\u00f4t solaire, exub\u00e9rante, \u00e9d\u00e9nique&#8230;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Critique de Marie Emptoz-Lac\u00f4te<br>Exposition Montpellier salle Saint Ravy en octobre 1986<\/h3>\n\n\n\n<p>Elle disait qu&rsquo;il devait y avoir une flaque de d\u00e9sesp\u00e9rance en elle, mais elle me montrait des fen\u00eatres ouvertes sur l&rsquo;au-del\u00e0 de nos enfers et si des portes restaient ferm\u00e9es, elle les d\u00e9fon\u00e7ait rageusement, bousculait les gardiens de la mort pour que nous puissions ne plus avoir peur. Elle le faisait nue et fragile et parfois elle pleurait. J&rsquo;ai vu alors mais bien plus tard des corps immenses surgir sur des plages claires. Je les ai vus appara\u00eetre sur des horizons mauves, puis se rapprocher jusqu&rsquo;\u00e0 envahir l&rsquo;espace virtuel de nos regards.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils \u00e9taient alors rocs infaillibles, guerriers puissants et incorruptibles, ils \u00e9taient l&rsquo;\u00e9clat m\u00eame de nos luttes \u00e0 mener, ils \u00e9taient l\u00e0 et apportaient avec eux la pl\u00e9nitude de leur libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle disait qu&rsquo;il y avait en elle comme quelque chose de la d\u00e9sesp\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que la peinture ne peut \u00eatre que soufferte, parce que le fait de peindre est un acte solitaire, parce que l&rsquo;angoisse d&rsquo;\u00eatre n\u00e9s et de devoir mourir ne peut rester une chose banale ni \u00e9trang\u00e8re, parce que sur le ch\u00e2ssis se tend l&rsquo;\u00e9cran de nos passions et de nos erreurs, je ne peux regarder une toile sans avoir mal, moi qui suis si futile.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que tout cela, il faut aimer le monde pour \u00eatre peintre. Il faut savoir entendre les larmes et les cris. Il faut savoir s&rsquo;\u00e9merveiller des joies tendres. Il faut savoir comprendre dans les simples gestes de l&rsquo;autre, l&rsquo;inscription de la vie de chaque individu et sa diff\u00e9rence m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que pour \u00eatre peintre il faut \u00eatre innocent de cela, je ne peux regarder une toile sans me sentir emplie d&rsquo;amour, moi qui suis si distraite.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Critique de Gilles-Marc Dardenne<br>Exposition Port-Lligat &#8211; avril 1985<\/h3>\n\n\n\n<p>Natacha Davril r\u00e9ussit ce tour de force : faire chanter, danser, aimer tout simplement sans rien attendre en retour, car elle est aussi du silence.<br>Ne sommes-nous pas tous tent\u00e9s de poss\u00e9der un objet unique et uniquement cr\u00e9\u00e9 pour soi ; un objet qui aurait une \u00e2me et pourrait ainsi \u00e9veiller dans notre int\u00e9rieur m\u00e9ditatif toutes les beaut\u00e9s simples ? Le soleil, cet objet unique et commun, d\u00e9clenche spontan\u00e9ment en nous tant de plaisirs subtils rien qu&rsquo;\u00e0 la vue de sa rondeur&#8230;<br>Une toile de Natacha Davril c&rsquo;est cela : un objet unique, un soleil intime. Sa peinture, c&rsquo;est la musique de l&rsquo;\u00e2me humaine.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sellig O&rsquo;Arden, le 27 f\u00e9vrier 85.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><em>Natacha Davril consigue esta proeza ; hacer que brote el canto, el baile. sencillamente amar sin esperar nada a cambio, parque ella tambi\u00e9n es silencio. No es verdad que todos conocemos la tentacion de poseer aquel objeto \u00f9nico y unicamente creado para nosotros, un objeto que tuviera un alma y que pudiera por lo tanto despertar en lo mas profundo de nuestro ser meditative todas las sencillas bellezas ?<\/em><br><em>Simplemente viendo la redondez del sol, simplemente a la vista de este objeto \u00f9nico y comun, se desencadenan espont\u00e0neamente en nosotros tantos placeres sutiles&#8230;<\/em><br><em>Un oleo de Natacha Davril es eso : un objeto \u00f9nico, un sol intima. Su pintura es la m\u00f9sica del alma humana.<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>Extractos de Sellig 0 &lsquo;Arden, el 27 de Febrero de 1985.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Critique de Jean-Claude Roure, \u00e9crivain, po\u00e8te,<br>Exposition L&rsquo;Isle sur la Sorgue &#8211; septembre 1984<\/h3>\n\n\n\n<p>Natacha Davril est avant tout et d&rsquo;abord une moissonneuse d&rsquo;images int\u00e9rieures. C&rsquo;est aussi un peintre de la femme, des r\u00eaveries de la femme, et la nudit\u00e9 ici pr\u00e9sente n&rsquo;est l\u00e0 que pour confirmer la qu\u00eate incessante, pour \u00e9lucider les questions qui nous interloquent : d&rsquo;o\u00f9 je viens, qui je suis, o\u00f9 je vais&#8230; (pour cela il est n\u00e9cessaire de se poser une des questions qui nous p\u00e9n\u00e8trent). Oui, certes, on va dire que la peinture surr\u00e9alisante a fait son temps, mais quand le style cogne, on ne peut y renoncer : l&rsquo;homme imite, mais agr\u00e9mente selon un sch\u00e9ma qui tente toujours d&rsquo;\u00e9lucider des questions personnelles avec des questions universelles, d&rsquo;o\u00f9 des influences mais aussi des m\u00e9tamorphoses qui s&rsquo;op\u00e8rent, impliquant une chirurgie de l&rsquo;\u00e2me dans un brouillard \u00e0 couper au couteau.<\/p>\n\n\n\n<p>La peinture de Natacha Davril tranche, ose, d\u00e9range : \u00ab\u00a0La terre est bleue comme une orange\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme est seul comme un aimant\u00a0\u00bb ; mais cette peinture n&rsquo;est pas sanglante, ni morbide, pas cauchemardesque, elle est consciente de son inconscience. Cette peinture, je l&rsquo;aime car elle est d\u00e9termin\u00e9e, mais c&rsquo;est aussi un monde de femme seule, plut\u00f4t une solitude du vide avec les vertiges qu&rsquo;elle entra\u00eene.<\/p>\n\n\n\n<p>Natacha Davril joue la carte de la vision, c&rsquo;est une invitation au voyage, une fa\u00e7on d&#8217;embrasser le monde, un don ; sa peinture n&rsquo;est l\u00e0 que pour d\u00e9voiler l&rsquo;exigence de ce troisi\u00e8me oeil qui disloque l&rsquo;entendement.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Critique de Gilles-Marc Dardenne<br>Exposition L&rsquo;Isle sur la Sorgue &#8211; septembre 1984<br>Silence, on tourne !<\/h3>\n\n\n\n<p>Action ! Enfin les images apparaissent&#8230; T\u00eate d&rsquo;affiche: la femme. D\u00e9cor : l&rsquo;insondable profondeur de l&rsquo;\u00eatre. Metteur en sc\u00e8ne et r\u00e9alisateur : Natacha Davril. Pas forc\u00e9ment de titre. Et c&rsquo;est l &lsquo;\u00e9venement rare. Aux deux sens du terme. Rare car c&rsquo;est l&rsquo;aboutissement de dix ans de peinture en solitaire et que le grand \u00e9cran s&rsquo;illumine depuis peu, enfin ! Derni\u00e8re exposition, o\u00f9 les portes lui furent ouvertes : septembre 84 \u00e0 la Galerie Djellal, \u00e0 L&rsquo;Isle-sur-la-Sorgue. Rare surtout au sens o\u00f9 l&rsquo;on parle d&rsquo;un plaisir rare ; finement choisi. Nul tapage ici, l&rsquo;oeil est fait aussi pour \u00e9couter&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Les silences charmeurs de Natacha Davril sont de doux g\u00e9missements, lucides et d&rsquo;une puissance \u00e9tourdissante \u00e0 la fois, un peu comme ceux de la musique insolite et insolente de Thelonius Monk.<\/p>\n\n\n\n<p>Natacha Davril r\u00e9ussit le tour de force de pr\u00e9senter les recoins les plus intimes de son univers int\u00e9rieur, les cartes de ses itin\u00e9raires les plus secrets et de le faire en une oeuvre qui demeure n\u00e9anmoins pudique, discr\u00e8te. Je dirais r\u00e9serv\u00e9e, sans vouloir jouer sur le mot. Elle s&rsquo;\u00e9vide, jusqu&rsquo;\u00e0 la moelle, et jusqu&rsquo;aux nerfs, pour atteindre l&rsquo;\u00e9vidence, l&rsquo;\u00e9vidence de l&rsquo;\u00eatre et de son drame, mais aussi de sa juste v\u00e9rit\u00e9, de son amour d\u00e9bordant. C&rsquo;est l&rsquo;autopsie des profondeurs de l&rsquo;\u00e2me f\u00e9minine, et tout cela est bien loin de l&rsquo;exhibitionnisme simpliste&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>La peinture de Natacha Davril d\u00e9montre en effet non pas son talent, mais sa forte personnalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pourquoi, quelle que soit l&rsquo;importance d&rsquo;une oeuvre qui fouille l&rsquo;homme jusqu&rsquo;en son tr\u00e9fond, elle n&rsquo;est pas destin\u00e9e \u00e0 tous les publics. Elle ne s&rsquo;adresse qu&rsquo;aux intimes, c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e0 ceux qui ne se contentent pas, non plus, de vivre \u00e0 leur propre surface.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Critique de Djellal, galeriste<br>Exposition L&rsquo;Isle sur la Sorgue &#8211; septembre 1984<br>Le Proven\u00e7al du 26 septembre 1984<\/h3>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 un voyage hors du temps, \u00e0 une incursion dans un univers extraordinaire, celui d&rsquo;une femme hors du commun, de la femme cach\u00e9e qui ose r\u00e9v\u00e9ler la face occulte de son \u00eatre et de son jardin secret que nous convie Natacha Davril qui expose actuellement \u00e0 la Galerie Djellal.<\/p>\n\n\n\n<p>Une technique personnelle, une juxtaposition de couleurs violentes et de formes sensuelles permettent de magnifier la dualit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre : le v\u00e9cu et le r\u00eav\u00e9, l&rsquo;acquis et le d\u00e9sir\u00e9. Peinture qui met au premier plan la femme id\u00e9alis\u00e9e et d\u00e9sincarn\u00e9e, tout l&rsquo;art de Natacha Davril est de nous faire passer \u00ab\u00a0au-del\u00e0 du miroir\u00a0\u00bb. Lewis Caroll de la peinture, nous entrons sur la pointe des pieds dans un monde fantasmatique et irr\u00e9el. Il faut regarder ses oeuvres avec un oeil neuf, avec une sensibilit\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e de toutes les contraintes, les a-priori que nous impose notre vie quotidienne. Cette purification personnelle effectu\u00e9e, c&rsquo;est l\u00e0 que l&rsquo;on comprend toute la profondeur, toute la chaleur, toute la violence que Natacha Davril cache derri\u00e8re un regard clair et un sourire charmeur. Il faut se laisser capturer par les alliances superbes des couleurs, il faut se laisser habiter par ses bleus profonds, il faut se laisser d\u00e9shabiller par ses regards qui vous fixent. Alors commence un voyage initiatique ; la peinture de Natacha Davril n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un appel au sublime, \u00e0 la connaissance de l&rsquo;insondable profondeur de la sensibilit\u00e9 f\u00e9minine.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peintre autodidacte.Bien que fran\u00e7aise, elle passe ses vingt premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Bruxelles.Apr\u00e8s le bac, s&rsquo;initie \u00e0 la photographie pour entrer \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de La Cambre (Bruxelles) en section photo.Finalement, elle s&rsquo;inscrit \u00e0 l&rsquo;Institut National Sup\u00e9rieur des Arts du Spectacle \u00e0 Bruxelles (INSAS), section cin\u00e9ma. 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